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Les souris et la génétique

Les souris ont été utilisées pour étudier la génétique des mammifères depuis le début du XXe siècle, bien avant que la technologie ne permette de modifier des gènes spécifiques. Depuis de nombreuses années, l'homme modifie la génétique des animaux par la reproduction sélective de caractères particuliers.

Les premières études génétiques sur la souris

En 1902, le biologiste français Lucien Cuénot fut le premier à utiliser des souris pour des recherches génétiques. Ses expériences sur la reproduction démontrèrent que trois mnémons permettaient la production d'un chromogène et deux diastases. La combinaison du chromogène et d'une des enzymes produisait une couleur noire ou jaune. En l'absence de chromogène, la souris était albinos. Il démontra que les souris héritaient de ces couleurs de pelage conformément aux ratios avancés dans les lois de l'hérédité de MendelANCHOR. Jusqu'ici, la génétique mendélienne avait été appliquée uniquement aux plantes et la découverte que ces mêmes règles se vérifiaient chez les animaux était révolutionnaire pour la génétique. Quelques années plus tard, M. Cuénot découvrit la première mutation génétique létale chez la sourisANCHOR.

Les souches consanguines

Aux États-Unis, William Castle et Clarence Little commencèrent à croiser les souris et publièrent une série d'études sur la génétique des couleurs du pelage de la sourisANCHOR. Little travailla avec un sélectionneur de souris et réalisa qu'il pouvait croiser des caractéristiques particulières, utiles pour modéliser différentes maladies. Il créa les premières souches consanguines de 'souris de laboratoire'. On se rendit vite compte que pour remarquer les  modifications génétiques apportées aux souris, il était indispensable que toutes les souris d'une souche particulière soient aussi similaires que possible. Cela permettait d'obtenir une base uniforme pour comparer les nouvelles variations. Pour la même raison, avoir des souches de souris avec des gènes extrêmement similaires présente des avantages pour toutes les sciences biologiques : il est plus facile d'identifier une modification. De nos jours, il existe plusieurs milliers de souches de souris consanguines et bon nombre des souches crées à l'origine par Little sont toujours utilisées.

La première souche de souris consanguines créée par Little fut la souris DBA (dilute brown non-agouti ou brun clair homogène) en 1909. En 1921, il reproduit la souche C57BL/6, qui devint, de nombreuses années plus tard en 2002, le premier mammifère au génome séquencéANCHOR. Clarence Little fonda le Jackson Laboratory aux États-Unis, un laboratoire d'étude de la génétique de la souris de renommée mondiale.

Les développements ultérieurs

La plupart des souris de laboratoire sont des hybrides de différentes sous-espèces, les plus fréquentes étant Musmusculus domesticus et Mus musculus musculus. Un grand nombre d'entre elles sont issues de souches consanguines.

La longue histoire de l'élevage en consanguinité, la faible durée de vie et le court cycle de reproduction des souris, en a fait un animal particulièrement utile pour l'étude de la génétique des mammifères. L'utilisation traditionnelle des souris en tant que modèle pour la génétique a permis d'identifier de nombreuses mutations et gènes au cours du XXe siècle; le premier gène de souris fut isolé en 1977ANCHOR. L'évolution rapide des technologies génétiques pendant les années 1980 a abouti au développement de souris transgéniques et knockout.


Références

  1. Cuénot L., (1905) Les races pures et leurs combinaisons chez les souris. Arch. Zool. Exp. Gén. Ser. 4, vol 3, pages cxxiii-cxxxii.
  2. Cuénot L., (1905) Les races pures et leurs combinaisons chez les souris. Arch. Zool. Exp. Gén. Ser. 4, vol 3, pages cxxiii-cxxxii.
  3. Castle, W.E. and Little, C.C., (1910) On a modified Mendelian ratio among yellow mice. Science 32, 868-870.
  4. Mouse genome sequencing consortium, (2002) Initial sequencing and comparative analysis of the mouse genome. Nature 420, 520-562
  5. Tilghman, S. M., D. C. Tiemeier, F. Polsky, M. H. Edgell, J. G. Seidman et al., (1977) Cloning specific segments of the mammalian genome: bacteriophage lambda containing mouse globin and surrounding gene sequences. Proc. Natl. Acad. Sci. USA 74: 4406–4410

 


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