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Le virus de l'herpès équin

Le partage des brides aide la propagation du virus EHV-1 entre les chevaux. Credit: ©iStockPhoto/pixalot

L'herpès équin, une maladie mortelle très répandue chez les chevaux, est causé par le virus de l'herpès équin 1 (EHV-1). Il ressemble à bien des égards aux virus des herpès humains, y compris ceux qui sont à l'origine de la varicelle, des herpès labial et génital. La capacité du virus à demeurer à l'état latent, pendant des années, dans l'organisme infecté, a entravé les efforts visant à empêcher sa propagation.

Symptômes

Les premiers symptômes sont souvent des écoulements nasaux, une perte d'appétit, de la fièvre et des enflures. Le virus cible les systèmes respiratoire et reproducteur ainsi que le système nerveux central avant de se propager progressivement au reste du corps. Cela peut entrainer l'incontinence, l'incapacité à se tenir debout et la mise bas de poulains mort-nés.

Propagation

Les écoulements nasaux, un peu comme les éternuements humains, constituent un moyen puissant de propagation du virus. Lorsque de nombreux chevaux partagent la même mangeoire ou les mêmes brides, le virus peut passer rapidement d'un animal à l'autre. Les écuries sont mises en quarantaine lorsqu'il y a un cas suspect afin de contenir la propagation du virus mais souvent, les pires épidémies éclatent à la suite de spectacles de chevaux. En 2011, durant le spectacle de chevaux d'Ogden dans l'Utah, au États-Unis, un seul cas d'herpès s'est propagé à de nombreux animaux qui, de retour dans leur région d'origine, ont contaminé d'autres écuries1,2. Cela a conduit, non seulement aux mises en quarantaines des écuries touchées, mais également à l'annulation de nombreuses autres manifestations.

Le virus est tellement répandu que la plupart des chevaux n'échappent pas à l'infection, généralement au début de leur vie. La ressemblance est frappante avec les virus qui causent la varicelle et l'herpès labial chez les humains. Avec une telle prévalence, des mesures telles que la restriction des déplacements des chevaux et les tests réguliers ont peu d'effets3.

Le virus de l'herpès équin peut également se propager à d'autres espèces d'équidés, voire à des non-équidés. En 2010, dans un zoo allemand, des zèbres infectés par le virus de l'herpès équin ont semble-t-il contaminé deux ours polaires. Tandis que l'infection devait être latente chez les zèbres, elle a provoqué une encéphalite chez les ours qui sont morts peu de temps après4.

Recherche

La recherche met actuellement l'accent sur l'élaboration de médicaments antiviraux pour empêcher la propagation du virus dans l'organisme. Bien que sans effet sur la transmission entre chevaux, ces médicaments pourraient permettre de mieux contrôler la maladie de manière à ce qu'elle se limite à une affection respiratoire, sans évoluer davantage5.

L'Acyclovir est un médicament standard contre le virus de l'herpès qui peut être utilisé pour traiter l'herpès labial des humains. Chez les chevaux cependant, il ne peut pas atteindre des concentrations sanguines suffisamment élevées pour être efficace.

Il n'existe actuellement aucun vaccin pour prévenir complètement l'infection à EHV-1, bien qu'un certain nombre offre une protection limitée contre des symptômes spécifiques de la maladie. Par exemple, Pneumabort K et Prodigy sont des vaccins inactivés qui sont commercialisés pour prévenir l'avortement des juments gravides. L'efficacité des vaccins tend à ne durer que quelques mois mais certains d'entre eux peuvent réduire les risques de transmission du virus entre chevaux et ainsi les protéger indirectement6.

Une autre approche pour cibler le virus EHV-1 consiste à utiliser de petits ARN interférents (siRNA)7. Ces petits ARN se lient à l'ARN messager qui dirige la fabrication d'une certaine protéine. La synthèse de la protéine s'en trouve interrompue et le virus ne peut pas fonctionner normalement. En 2009, des chercheurs travaillant sur des souris ont montré que les petits ARN interférents pouvaient être appliqués localement pour réprimer la réplication virale et réduire les symptômes8. Dans ce cas, les protéines ciblées étaient la glycoprotéine B et l'hélicase (ori), indispensables respectivement à l'entrée cellulaire et à la réplication du génome. En raison de la nature de ce traitement, il est très difficile pour le virus de développer une résistance. Cette approche, testée chez les chevaux, a diminué de manière significative les complications neurologiques liées aux infections à EHV-1, mais semble avoir eu peu d'impact sur la quantité de virus présente dans le corps9.



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